Armement et expérience du temps de guerre

L'expérience

Quelle veine!

Le 26 septembre 1944, un Lancaster de l’Aviation royale du Canada fait une patrouille de reconnaissance au-dessus de la mer du Nord. Six hommes d'équipage se trouvent à son bord. Soudain, un de ses deux moteurs prend feu. On a beau tout faire pour alléger l'avion, celui-ci perd de l'altitude. Le pilote, Gordon Biddle, sait qu'il ne pourra pas revenir en Angleterre. Il décide donc de se diriger vers la Norvège, pays occupé par les Allemands. Non loin d'Os, sur la côte norvégienne, le second moteur s'arrête et il faut atterrir sur un terrain très difficile qui, après coup, sera considéré impossible. La « piste » disponible a au plus 25 mètres de long. Mais, premier coup de chance, malgré quelques ecchymoses, tout l'équipage est sauf, bien que l'avion soit très endommagé.

L'équipage est près d'une école et, dans ce coin perdu, peu de personnes parlent l'anglais sauf l'instituteur. Magness Askvik les dirige vers la petite ville de Bjornen où ils vont à pied, en se débarrassant de leurs uniformes de vol. Des Norvégiens les cachent et les nourrissent pendant qu ils ont une vue plongeante sur les navires allemands qui gardent le fjord. Bientôt, c'est l'armée secrète norvégienne Milorg qui les prend en charge et les déplace dans la région, pendant qu’environ 4 000 Allemands les cherchent. La vie est dure en Norvège et il n'est pas facile, avec le rationnement qui a cours, de nourrir six jeunes hommes, en plus de les cacher des forces occupantes.

Les six membres d'équipage quittent le secteur d'Os le 1er octobre 1944. C'est par bateau et à pied qu'ils atteignent Botnane. Le 9 octobre, à la suite d'échanges radio entre Milorg et leurs contacts anglais, les Canadiens sont transportés par bateau au point de rendez-vous, sur la côte, où un sous-marin doit venir les chercher. Après trois jours d'attente anxieuse, le transbordement se fait.

Dix-huit jours après leur atterrissage forcé en territoire ennemi, l'équipage complet d'un Lancaster, sans avoir subi aucune perte, est revenu en Grande-Bretagne. Sûrement un fait unique dans l'histoire de l'aviation canadienne dans la Deuxième Guerre mondiale 82.