Les Compagnies franches de la Marine du Canada

L'organisation d'une expédition

Un premier essai à la baie d'Hudson

D'Iberville dirige une attaque contre un fort anglais

Légende: D'Iberville dirige une attaque contre un fort anglais

Cette vision de l'art de la guerre telle qu'elle doit se pratiquer en Amérique du Nord, Le Moyne et Hertel de La Fresnière la partagent et y croient. Elle donne lieu à un premier essai positif en 1686, alors que le chevalier de Troyes, secondé par Pierre Le Moyne d'Iberville et son frère, Sainte-Hélène, à la tête de 30 soldats des Compagnies franches et de 70 miliciens voyageurs canadiens, accomplissent un incroyable périple, qui les mène d'abord jusqu'au fort Moose (Moose Factory, Ontario), pour déloger les Anglais de la baie d'Hudson.

Cet immense territoire, dont les richesses en fourrures semblent inépuisables, a été concédé en 1670 à la Compagnie britannique de la baie d'Hudson par le roi d'Angleterre. Mais la Compagnie du Nord revendique les mêmes droits pour la France ! Les Le Moyne perdent peu de temps en cérémonies et contestations légales. Ils donnent l'assaut et se rendent maîtres du fort après avoir escaladé la palissade de six mètres de hauteur qui l'entoure et enfonçé la porte à coups de bélier. Ils poursuivent leur route en prenant ensuite le fort Charles ( « Rupert House », aujourd'hui FortRupert, à l'entrée de la baie James) ainsi qu'un navire qui se trouvait à l'ancre à proximité. Le fort Albany capitule en juillet, les forts Severn et York, à l'ouest, restent aux Anglais... pour le moment. Néanmoins, le drapeau français flotte sur la plupart des établissements de la baie d'Hudson. La preuve en est faite, si besoin est, de la justesse de vues de Le Moyne et de Hertel de La Fresnière. Seule une expédition mixte de soldats français et de miliciens canadiens pouvait enlever autant de places fortes en aussi peu de temps et remporter un succès aussi foudroyant !