De la guerre froide à aujourd'hui

Les francophones depuis la Deuxième Guerre mondiale …

Une politique sur le bilinguisme

Dans le rapport de Glassco, en 1962, on retrouve l'amorce d'un principe de bilinguisme institutionnel qui s'instaurerait dans la Fonction publique canadienne. Retenons surtout les divergences d'un des commissaires, Eugène Therrien, qui consacre de longs paragraphes aux problèmes que rencontrent les francophones dans les forces. Therrien souligne qu'il leur est impossible de se joindre à cet organisme et de s'y sentir à l'aise.

Un an plus tard, la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme est instaurée. En avril 1966, le premier ministre Lester B. Pearson annonce une première série de mesures qui devraient permettre que le français et les francophones soient proportionnellement mieux représentés dans les institutions fédérales. En 1969 arrive, enfin, la Loi sur les langues officielles qui préconise un bilinguisme institutionnel fédéral - c'est-à-dire que, si tous les fonctionnaires n'ont pas à devenir bilingues, l'appareil doit être capable, lui, de servir dans leur langue les clientèles externe et interne. La déclaration de Pearson de 1966 excluait les forces armées, non pas la loi de 1969 toutefois. Mais, entre ces deux moments, les choses se sont mises à bouger rapidement chez les militaires. L'intégration et l'unification ont largement fait leur œuvre. Dans les deux études qui préconisent la réorganisation des anciens métiers (hommes) et classifications (officiers), on a inclus des chapitres sur le bilinguisme. Il y a un refus catégorique du comité d'étude sur les métiers (présidé par un contre-amiral) de voir apparaître plus d'unités de langue française (le Royal 22e Régiment suffit) et de reconnaître au français plus qu'un rôle social. Le comité traitant des classifications (présidé par un major général de l'Armée) est beaucoup plus ouvert, suggérant même que toute l'instruction puisse être un jour disponible en français pour les francophones. Ayant pris connaissance des conclusions préliminaires du rapport de la Commission royale, ce groupe de travail a même fait une première estimation du nombre de postes d'officiers bilingues dont les forces unifiées auraient besoin.