De la guerre froide à aujourd'hui

L'unification

L'examen et la prévision tendancielle de 1980

Son rapport est cependant remis au nouveau gouvernement fédéral libéral qui en ordonne aussitôt la révision. Cette dernière conclut, le 31 août 1980, que le document étudié ne contient aucune recommandation générale sur l'unification elle-même et que ses 30 recommandations se sont fondées sur le principe de la poursuite de l'amélioration des institutions centrales existantes. On en déduit donc que la politique d'unification doit rester en vigueurs 91.

Le gouvernement conservateur revient au pouvoir en 1984 et ne touche pas à l'unification. Ni le livre blanc de 1987 ni celui de 1994 ne remettent en cause la centralisation.

Depuis 1980, les généraux-commandants sont membres du conseil de la défense et du comité militaire de la défense. Depuis 1985, les militaires portent une fois de plus des uniformes aux couleurs plus traditionnelles. Loin de signifier un retour au passé ou la désunification (ou la désintégration) des Forces canadiennes, ces changements relatent la souplesse et l'adaptation qu'ont su montrer les autorités militaires et civiles devant les difficultés inhérentes à l'établissement d'une structure organisationnelle unique au monde. Le long processus d'intégration et d'unification se déroule en trois phases : la première est d'ordre administratif ; la deuxième touche au commandement et au contrôle des forces armées ; la dernière à l'amalgame bureaucratique (vue dans son sens positif d'organisme de l'État). Cette centralisation trouve sa place dans l'histoire d'un pays relativement jeune, à un moment où celui-ci recherche sa spécificité dans une conjoncture difficile d'unité nationale, tout en faisant face à des difficultés d'acquisition d'équipements militaires coûteux alors que la menace externe est peu contraignante.