De la guerre froide à aujourd'hui

L'unification

L'intégration des services de soutien

De 1947 à 1951, certains progrès ont cependant été accomplis. Le service de soins dentaires est intégré en 1947 (bien qu'il faille 11 autres années avant que cette intégration soit achevée), et le service de santé en 1951 (consolidé enfin en 1959). Un conseil de recherches pour la défense naît également. Le Royal Military College de Kingston est réouvert pour les trois armées. Le Royal Roads Military College, à Victoria, et le Collège militaire royal de Saint-Jean (bilingue) seront fondés par la suite et accueilleront également des élèves-officiers et des cadres des trois armées dès leurs débuts. Les services juridiques et d'aumônerie sont aussi intégrés ainsi que quelques autres fonctions au grand quartier général, tels les services de la solde et alimentaires. Quant au poste de président du comité des chefs de l'état-major, il apparaît finalement en 1951, en réponse aux besoins créés par la guerre de Corée et aux nécessités organisationnelles de l'OTAN, organisme qui regroupe en conférence régulière les chefs d'état-major des pays membres ou le président de leur comité.

De 1951 à 1961, l'élan intégrateur ralentit. On peut évoquer une période de digestion ou de consolidation. De nombreux comités inter-armées fonctionnent au grand quartier général, mais ils demeurent beaucoup plus des centres d'information que de coordination ou de l'unification des normes. Une commission royale d'enquête sur l'organisation du gouvernement (présidée par J. Grant Glassco) est lancée en 1961 et son rapport remis en 1962. On y trouve de solides raisons justifiant une plus grande intégration des fonctions communes aux trois armées. Le document évite toutefois de faire des recommandations trop précises. Le gouvernement Pearson prend les rênes du pouvoir en 1963, décidé à revoir toute la question de la politique de défense du Canada dont les maillons faibles ont été la cause, en partie, de la chute du gouvernement Diefenbaker : le coût des équipements militaires, la défense canado-américaine (surtout la question de la défense aérienne) et finalement le contentieux nucléaire (ayant opté pour le non-nucléaire, le Canada est-il quand même obligé d'accepter ou d'utiliser les armes nucléaires des États-Unis ?). De plus, le besoin d'économiser se fait cruellement sentir, bien qu'il faille aussi rééquiper les armées canadiennes. Le pourcentage du budget militaire affecté à l'achat d'équipement est passé de 42,9 pour cent en 1954, à 13,3 pour cent en 1963. À ce rythme, en 1966, les autres coûts de la défense mobiliseront toutes les sommes, ne laissant rien pour de nouvelles acquisitions.

La commission Glassco a indiqué le besoin de rationaliser non seulement les dépenses du ministère, mais aussi le double emploi (même le triple emploi). Elle a souligné le faible rôle joué par les civils, le sous-ministre en particulier, au grand quartier général, et a avancé qu'il fallait revoir certains règlements qui empêchaient le transfert de personnel compétent d'une armée à l'autre.