D'une guerre mondiale à une autre (1919-1943)

L'entre-deux-guerres militaire au Canada

La mobilisation au Canada

Après avoir déclaré la guerre à l'Allemagne, notre pays s'installe lui aussi dans la drôle de guerre. La base de Valcartier est remise à contribution. Contrairement à 1914-1918, elle fonctionnera toute l'année comme centre de mobilisation et d'instruction des unités du 5e District militaire, et centre d'instruction de l'infanterie en général. Entre 1933 et 1936, grâce au programme de secours aux hommes sans travail, les infrastructures ont été très améliorées. De 1939 à 1946, on y construira de nombreux bâtiments « temporaires » qui dureront souvent plus de 30 ans.

Dès le désastre de Dunkerque, en juin 1940, le Canada vote la Loi de la mobilisation des ressources nationales qui apportera, entre autres choses, 98 000 conscrits pour la défense territoriale. En ce qui concerne l'outremer, la décision de 1939 de n'y employer que des volontaires est maintenue. Disons tout de suite que 64 000 conscrits se porteront volontaires pour les combats dont plus de 58 000 dans l'Armée de terre.

Entre 1939 et 1945, plus d'un million d'hommes et de femmes auront porté l'uniforme, soit environ un habitant sur douze. Durant les six années de guerre, 41 pour cent des hommes de 18 à 45 ans ont servi, d'une façon ou d'une autre, dans les Forces armées canadiennes. À la suite de la défaite de l'Allemagne, le Canada est la quatrième puissance militaire après les États-Unis, l'URSS et la Grande-Bretagne. Dans quelques domaines, comme certains types de navires marchands ou le caoutchouc synthétique, la production canadienne est proportionnellement supérieure à celle des États-Unis. Un engagement militaire d'une telle amplitude a encore des répercussions de nos jours. Ainsi, il reste environ 400 000 anciens combattants canadiens. La vaste majorité d'entre eux est issue de la Deuxième Guerre mondiale, dont des dizaines de milliers de mutilés. Un Canadien sur trois de plus de 65 ans était un vétéran en 1994.