D'une guerre mondiale à une autre (1919-1943)

L'entre-deux-guerres militaire au Canada

La réduction de la milice

Après la disparition du plan de défense nº 1, les 15 divisions du début des années 1920 sont jugées trop coûteuses et doivent faire place à six divisions d'infanterie et une division de cavalerie, ce qui correspond plus ou moins à la force maximale que le Canada pourrait fournir lors d'une prochaine guerre. Quant aux unités et sous-unités de service ou d'artillerie, elles ne sont allouées à aucune des brigades de ces formations. Le chef de l'état-major général tente de vendre ce projet de réduction, au tournant des années 1930, en disant qu'avec moins d'unités (la majorité de celles qui existent ne parvenant pas, tout comme avant 1914, à remplir ses cadres), on pourra mieux entraîner et équiper les unités en place. Il ne réussira qu'en 1933 et par un artifice : la réduction devient politiquement acceptable une fois placée à l'intérieur de la contribution canadienne aux pourparlers de désarmement de Genève. Cela dit, les 15 divisions étaient des tigres de papier.

En 1936 donc, l'ordre de bataille de la milice, tel qu'il était constitué en 1920, a diminué de plus de la moitié et plusieurs régiments ont disparu pour de bon ou ont été amalgamés à d'autres. Certains changent aussi de rôles, reflétant ainsi l'avancée technologique. Des fantassins deviennent artilleurs ou membres d'unités dites « blindées » (le Corps blindé n'apparaîtra qu'en 1940). La réorganisation de 1936 est largement faite sans rancœurs ou protestations, car on a assuré aux défenseurs de la Milice non permanente que les unités survivantes auraient de vrais rôles dans une éventuelle mobilisation. Dans les faits, l'état-major général tiendra sa promesse : lors de la mobilisation de 1939, la Milice non permanente sera à la base du recrutement des volontaires pour l'outremer et des conscrits pour la défense territoriale, contrairement à ce qui s'était passé en 1914. Par ailleurs, en 1939, on attendra encore le nouveau matériel promis au moment de la réorganisation. Le cheval a disparu, mais les unités de cavalerie n'ont presque pas de chars. Les unités dites motorisées de la Milice active non-permanente n'ont pas de véhicules.