D'une guerre mondiale à une autre (1919-1943)

Indépendant et isolationniste

Tambour, Princess Patricia's Canadian Light Infantry, 1924-1927

Légende: Tambour, Princess Patricia's Canadian Light Infantry, 1924-1927

Une colonie est entrée en guerre dont elle ressort comme partenaire de la Grande-Bretagne et presque indépendante. Malgré tout, après 1917 (alors que le pays commence à participer aux grandes décisions stratégiques impériales), sa politique étrangère est celle de l'Empire. Toutefois, en 1922, à l'occasion d'un incident entre la Turquie et la Grèce qui risque de conduire à un conflit, l'Angleterre demande au Canada s'il l'appuierait militairement contre la Turquie dans le cas où les choses tourneraient au pire. Notre pays annonce qu'il s'en abstiendrait. Les affaires impériales communes viennent d'atteindre leurs limites. Par le statut de Westminster de 1931, le Canada deviendra officiellement indépendant et égal au Royaume-Uni.

Au Canada, la mode est au pacifisme et c'est presque tous les jours qu'on entend dénoncer le militarisme. William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada de 1921 à 1930, puis de 1935 à 1948, jouera comme carte principale, jusque vers la fin des années 1930, l'isolationnisme et la paix, tout en disant qu'en cas d'une nouvelle guerre européenne, la décision canadienne d'y participer ou non ne serait pas automatique : le Parlement déciderait. Cela dit, lors d'une visite en Allemagne, en 1937, il laisse entendre à Adolf Hitler que le Canada ne resterait pas les bras croisés si Londres était bombardée. Sa menace ne semble guère avoir impressionné le chancelier allemand.

La volonté isolationniste du Canada l'amène à se battre contre l'article X du Covenant de Genève, qui inclut un principe d'intervention obligatoire des membres de la Société des Nations contre ceux qui violeraient la paix. Lorsque viendra le moment pour la Société d'étudier les mesures à prendre contre le japon, agresseur en Mandchourie, ou contre l'Italie, en Éthiopie, le premier ministre canadien, également secrétaire des Affaires extérieures, reculera face à l'imposition de sanctions. Le Canada signe cependant le pacte Briand-Kellog pour la paix, moralisateur et sans dents, ou se fait l'ardent partisan de l'arbitrage obligatoire sur la scène internationale.

Mackenzie King a retenu une leçon essentielle de l'expérience de 1914-1918 : une autre guerre, même loin de notre territoire, pourrait irrémédiablement briser le pays. Son objectif est d'éviter que la situation internationale ne se développe un jour en un conflit armé. Mais, il ne peut avoir prise sur le fascisme européen et la montée des dictateurs de gauche et de droite dans le monde. Ni sur la crise mondiale qui, de boursière, en 1929, deviendra vite financière et économique. La dépression des années 30 sera d'ailleurs l'un des éléments déclencheurs du conflit de 1939-1945.

Images additionnelles

Officier, Royal 22e Régiment, 1930
Trompette, Royal Canadian Horse Artillery, 1933