Un siège interminable

La crête de Vimy

Sur le sommet de la crête

Du haut de la crête, au matin, les Canadiens observent l'ennemi se retirer à travers des pâturages qui contrastent avec les boues où ils pataugeaient depuis des semaines de leur côté de l'arête. Ils viennent surtout de remporter une très grande victoire. Leurs trophées : 4 000 prisonniers, 54 canons, 104 mortiers et 124 mitrailleuses. Quatre Croix de Victoria sont décernées. Les succès de Vimy démontrent qu'artilleurs, sapeurs, signaleurs et fantassins sont parvenus, en travaillant de façon très concertée, à résoudre les nombreux problèmes tactiques du champ de bataille. La planification de l'action, la coordination des armes et les nombreuses répétitions faites à l'arrière ont illustré la maîtrise dont le Corps canadien était désormais capable. Mais, à travers les joies de la victoire, ils sont frappés par la lourdeur du bilan : 10 602 pertes - morts ou blessés -, soit un homme sur huit, dont 3 598 morts. Que le plus éloquent des monuments canadiens commémoratifs des deux guerres mondiales se trouve à Vimy n'étonnera personne.

Tous reconnaissent qu'ils ne doivent pas s'asseoir sur leurs lauriers. Entre le 16 avril et le 9 mai, Nivelle et les Français ont progressé de six kilomètres seulement et les pertes qu'ils ont enregistrées bouleversent la sérénité des armées françaises, dont certains éléments se mutineront. Ces mouvements locaux seront jugulés par Philippe Pétain, qui remplace Nivelle et prétend attendre les Américains entrés en guerre en avril 1917. Pendant que ceux-ci rassemblent leurs forces et que, d'autre part, la Russie s'apprête à se retirer de la guerre, il ne reste guère plus que les Britanniques, passablement épargnés sur le front ouest, si l'on exclut la Somme, pour lancer des assauts. Au cours de l'été, des brigades canadiennes prennent Arleux-en-Gobelle et Fresnoy, au nord et au sud d'Arras, au prix de 1 259 pertes dans le cas de Fresnoy.