Un siège interminable

La crête de Vimy

Les préparatifs des Canadiens et l'assaut sur la crête

Estafette en motocyclette du Corps canadien des signaleurs, 1917

Légende: Estafette en motocyclette du Corps canadien des signaleurs, 1917

Les Canadiens préparent de façon minutieuse leur grand assaut initial de 1917 qui doit, pour la première fois, impliquer simultanément leurs quatre divisions. L'attaque va profiter des leçons apprises auprès des Français qui ont développé l'art d'utiliser leurs fantassins en petits groupes pour s'occuper de certains points de résistance ennemis dépassés par leurs premières vagues d'assaut, en particulier les nids de mitrailleuse bétonnés, résistant aux obus et entourés de tranchées et de barbelés. Des Britanniques, ils empruntent l'utilisation judicieuse de l'artillerie de barrage précise ouvrant la route aux fantassins. Ils renforceront ces techniques par un travail de contrebatterie qui leur permettra de repérer 176 des 212 canons allemands qui pourraient briser l'offensive canadienne. Dans tous les domaines d'ailleurs, les Canadiens se prépareront avec précision.

On fera « voir » le terrain aux troupes grâce à des montages préparés à l'arrière et on les préparera à reconnaître et à prendre les objectifs assignés. Tous les progrès techniques apportés par la guerre depuis 1914 seront mis à contribution. Cela ira des grenades tirées par des fusils jusqu'aux obus à fusée à combustion (amélioration d'une invention française) qui explosent en touchant le sol et qui détruisent les barbelés, en passant par le repérage aérien des batteries ennemies et par l'approche et la destruction de positions bien défendues grâce à des tunnels creusés dans le calcaire particulier à cette région.

L'ouverture de l'attaque a lieu le 20 mars 1917, avec le début d'un bombardement des positions allemandes qui s'intensifie jusqu'au 2 avril, pour se stabiliser ensuite. À Vimy, les Canadiens disposent de 480 canons de 18 livres, de 138 obusiers de 4,5 pouces, ainsi que de 245 canons lourds et obusiers : de plus, ils ont tous les obus nécessaires, ce qui n'était pas le cas pour les troupes britanniques qui, un an plus tôt, se battaient sur la Somme. Les Britanniques mettent à leur disposition 234 autres canons, dont 132 lourds. Ainsi, les Canadiens ont une pièce d'artillerie lourde tous les 20 mètres de front, une couverture bien supérieure à celle de la Somme. Raids terrestres et vols au-dessus des lignes allemandes se multiplient sur les six kilomètres et plus de la largeur du front. Avant l'aube du dimanche de Pâques du 9 avril 1917, sous un blizzard poussé dans les yeux des Allemands, l'offensive débute. À cause des caractéristiques du front, les attaquants auront presque quatre kilomètres à franchir sur la droite avant d'atteindre leur objectif et 650 mètres seulement sur la gauche où, cependant, se trouvent les hauteurs les plus importantes et où le combat s'annonce le plus difficile.

Au bombardement, stationnaire depuis le 2 avril, succède un barrage roulant, appuyé de tirs ininterrompus de mitrailleuses sur les lignes allemandes. Les fantassins collent si bien au barrage qu'ils sont sur les premières positions allemandes avant que les défenseurs soient sortis de leurs abris. Les points de résistance qui n'ont pas cédé sont dépassés pour être traités par les unités prévues à cet effet, dont le 22e bataillon. L'artillerie ennemie voit son action habituelle largement contrecarrée par la contrebatterie canadienne, très efficace. Dès 8 heures, la 3e Division a atteint son objectif, juste en face de Vimy. Les 1re et 2e Divisions assureront leurs positions aussi rapidement. Seule la 4e, face à la cote 145, piétinera jusqu'au 12 avril, avant de se saisir de cette hauteur. Dans la nuit du 12 au 13 avril, les Allemands qui restent se replient enfin.