Un siège interminable

La mobilisation

La création du Corps expédionnaire canadien

C'est avec ces miliciens et cette population mal préparée, mais en général enthousiaste, que le Canada s'engage dans le conflit. Le let août 1914, trois jours avant que la Grande-Bretagne entre en guerre, le Canada lui offre une aide qui est acceptée le 6 août. Sam Hughes a déjà déclenché le processus de mobilisation, mais sans égards aux plans de 1911.

Le 10 août, un décret autorise officiellement la création d'une force expéditionnaire.

Mais déjà, le quartier général de la milice s'est mis à communiquer directement avec les unités. Les hommes recrutés par celles-ci sont envoyés à Valcartier qui sera le centre de rassemblement de la force expéditionnaire. Les volontaires sont redistribués dans de nouveaux bataillons identifiés par des numéros. Ces bataillons ont peu ou rien à voir avec la tradition. Les volontaires du 89e Régiment de Témiscouata et Rimouski, par exemple, sont dispersés dans les nouvelles unités. Malgré tout, le résultat est impressionnant, car, le 8 septembre, 32 000 hommes sont déjà rassemblés. Le 3 octobre, la 1re Division quitte Gaspé pour l'Angleterre. On dénombre alors 33 000 hommes et femmes et 7 000 chevaux répartis sur 31 navires, un convoi protégé par sept croiseurs britanniques. Quand ils débarquent en Grande-Bretagne, le 14 octobre, les Canadiens sont encore loin du champ de bataille.

Le 30 octobre 1915, le nombre des Canadiens passés de l'autre côté de l'Atlantique atteint 250 000. L'enthousiasme est si grand que, le 30 décembre suivant, Borden et Hughes, qui participent à une conférence à Londres, promettent un demi-million d'hommes aux Britanniques. Aujourd'hui encore, on ignore s'ils parlaient de 500 000 en première ligne, ce que le Canada n'a pu fournir, ou d'un effort total de 500 000 hommes, comprenant l'ensemble des lignes de communications, les garnisons canadiennes, la marine et divers autres services. Dans ce cas, le Canada a amplement exécuté sa promesse puisqu'il a mobilisé plus de 600 000 personnes.

En 1916, les forces canadiennes déployées dans le nord-ouest de l'Europe sont composées d'un corps d'armée de quatre divisions, comprenant chacune trois brigades de quatre bataillons formés d'environ 3 000 hommes. Pour un pays dont la population est légèrement inférieure à 8 000 000 d'habitants, cette présence en Europe est remarquable, tout comme est significatif le bilan des pertes enregistrées : 59 544 morts et 172 950 blessés. Le coût humain de cette guerre est bien plus grand que son coût financier.