La cristallisation des enjeux

Les Canadiens au combat

Les restrictions sur le recrutement de Canadiens

Leur recrutement ne plaît pas à tous. Les anti-impérialistes n'ont pas changé leur façon de voir les choses et plusieurs impérialistes sont offensés de constater que l'identité canadienne naissante est complètement occultée dès que les gendarmes sont enrôlés.

Le succès des troupes montées incite cependant d'autres Canadiens à offrir leurs services pour aller en première ligne. Le lieutenant-colonel A. Denison et le major William Hamilton Merritt proposent tous deux de former un nouveau contingent monté pour l'Afrique du Sud. Le War Office accueille avec enthousiasme ces propositions qu'il veut soumettre aux conditions habituelles. Finalement, celle de Merritt, du 29 décembre 1900, reçoit l'accord anglais. Présumant de l'appui de son gouvernement, Merritt amorce la mise sur pied de son unité. C'était sans compter avec les traces laissées par l'affaire des gendarmes dans l'esprit des politiciens. Ceux-ci l'empêchent d'aller plus loin aussi longtemps qu'une politique précise n'aura pas été adoptée au sujet de la participation canadienne. Le 13 mai 1901, on aboutit enfin à un ensemble de conditions qui peuvent se résumer ainsi : toute demande de recrutement de Canadiens sera adressée au gouvernement du Canada ; le ministre de la Milice et de la Défense sera le seul à lever des troupes dont il sélectionnera les officiers, même dans le cas d'unités temporaires du type de celles combattant en Afrique du Sud ; en général, ces officiers seront issus de la force permanente ; il est défendu à quiconque de recruter des policiers au Canada 41.