Une décennie tumultueuse

La vulnérabilité du Canada-Uni

Plans de défense

Un détachement du train de l’Armée britannique envoyé au Canada suite à « l’incident du Trent »

Légende: Un détachement du train de l’Armée britannique envoyé au Canada suite à « l’incident du Trent »

Aussitôt le choc de la crise surmonté, il faut penser rapidement aux moyens propres à repousser une éventuelle invasion américaine du Canada par voie terrestre. Dès février 1862, Lord Monck nomme une commission d'enquête chargée d'étudier le système de fortifications et de défense du Canada-Uni, sous la direction du colonel du Génie John William Gordon. Le rapport est remis le 2 septembre. Les commissaires prévoient que les Américains attaqueront probablement Collingwood, Windsor, la péninsule du Niagara, Prescott et Montréal dans un premier temps, puis Kingston et Québec dans un second temps. Ils recommandent donc l'édification de fortifications à 16 endroits, ce qui coûterait environ £ 1 600 000 (ou 8 500 000 dollars canadiens de l'époque), et le maintien sur un pied de guerre de 65 000 soldats et volontaires. De plus, la construction d'une voie ferrée entre Halifax et Montréal leur paraît éminemment souhaitable afin de compléter, vers l'est, le réseau qui s'étend déjà jusqu'à Windsor vers l'ouest. Les chemins de fer sont alors en plein essor dans le monde entier et les états-majors reconnaissent maintenant leur importance pour le transport et le déploiement rapide des troupes, comme ils sont également conscients de l'intérêt des lignes télégraphiques, qui bordent habituellement les voies ferrées, pour assurer les communications.