La Royal Navy, maîtresse des mers

La Marine royale britannique patrouille la côte ouest

Justice imposée par la bouche des canons

Une canonnière de la Royal Navy ouvre le feu contre des pirates en Colombie-Britannique durant les années 1860

Légende: Une canonnière de la Royal Navy ouvre le feu contre des pirates en Colombie-Britannique durant les années 1860

Divers autres incidents semblables se produisent au cours des années suivantes. Par exemple, en 1863, un mousse est tué à bord du HMS Forward pendant une fusillade. Mais c'est en août 1864 que survient un incident majeur, lorsque des pirates amérindiens montent à l'abordage d'un petit navire marchand, le Kingfisher, tuent son équipage, pillent puis incendient le bâtiment. Devant la gravité du méfait, le gouverneur demande à la Royal Navy d'intervenir. Toutefois, quand le HMS Devastation, petit navire à vapeur armé de 6 canons, arrive dans les parages, il trouve des centaines d'autochtones en armes et décide d'attendre des renforts dans la baie de Clayoquot, à environ 50 km au sud de Nootka. Le soir du 2 octobre, la frégate à hélice HMS Sutlej arrive à son tour, conduite par l'amiral Joseph Denman, commandant de l'escadre du Pacifique et vétéran de la chasse aux navires négriers et pirates des côtes africaines. Le lendemain, les deux navires de guerre se présentent devant le village de Marktosis à la recherche de Chapchah, chef présumé des pirates. Mais l'endroit est abandonné, les pirates s'étant réfugiés dans le voisinage.

Le HMS Devastation se rend alors au village de Moyat où les Amérindiens ne tardent pas à ouvrir le feu, forçant le navire à se retirer hors de leur portée. Le HMS Sutlej arrive en renfort et Denman fait savoir aux opposants qu'il ne bombardera pas la place si les coupables lui sont livrés. Ils refusent cavalièrement, ajoutant même que si Moyat est brûlé, pas un seul des marins qui osera mettre pied à terre ne sera épargné. À cette réponse, le Sutlej ouvre le feu et des chaloupes se tenant à l'écart lancent des fusées incendiaires, pendant que d'autres chaloupes montées par des marins armés s'approchent de la rive. Ils sont accueillis par le tir des Amérindiens, que quelques salves britanniques bien ajustées réduisent à l'impuissance. Les marins débarquent, baïonnette au canon, et trouvent les chaloupes de sauvetage de l'infortuné Kingfisher. Ils incendient la place. Au cours des jours suivants, huit autres villages seront ainsi détruits, les Amérindiens n'offrant qu'une faible résistance. Même s'il ne put rattraper Chapchah, l'amiral Denman considéra l'opération comme un succès complet. Aucun marin britannique n'avait été tué ni blessé, alors que les autochtones avaient perdu environ 15 hommes. De plus, un sévère avertissement leur avait été donné.

D'autres incidents du même type devaient encore se produire mais, malgré son côté expéditif, cette justice de canonnière découragea les Amérindiens de s'adonner à la piraterie et à l'esclavage, pratiques qu'ils abandonnèrent définitivement durant les années 1880 124.