La démobilisation

La milice du Bas-Canada

Tentatives officielles de réformes

Cavalier, Montreal Royal Cavalry, 1824

Légende: Cavalier, Montreal Royal Cavalry, 1824

En présence de cette institution d'un type particulier, Lord Dalhousie ne croit pas avoir affaire à une véritable milice, mais « en vérité, à une police similaire à la gendarmerie en France - plutôt qu'à une milice de formation britannique 91 ». Perception qui découle du fait que les devoirs de la milice au Bas-Canada incluent l'aide au pouvoir civil, ainsi que l'escorte des prisonniers et des criminels. Il se déclare fort déçu d'y déceler si peu d'émulation « comme on en voit presque partout ailleurs dans l'Empire britannique 92 ». Lord Dalhousie pense évidemment aux volontaires en uniforme de la « Yeomanry » anglaise. Il décide donc d'encourager la formation de compagnies de miliciens volontaires à Québec et à Montréal.

Cependant, il commet une première erreur majeure, celle de n'y admettre que les jeunes gens de la bourgeoisie anglophone. Ainsi, le Royal Montreal Cavalry sera une version militaire du très huppé Montreal Hunt Club - un club de chasse à courre. Alors que les Gregory et les Molson sont priés de former leurs compagnies, Son Excellence croit préférable « pour plusieurs raisons [non spécifiées] de ne pas accepter 93 » les offres des bourgeois canadiens-français de former des compagnies de carabiniers et d'artilleurs volontaires. De quelle façon ces notables pourraient-ils se distinguer au sein de cette nouvelle milice, alors qu'on ne les autorise pas à mettre sur pied leurs propres compagnies de volontaires ? Cette expérience a de quoi mortifier profondément ceux d'entre eux qui s'intéressent aux questions militaires.

Mais ce n'est encore là qu'un début ! On décide ensuite de substituer des noms anglais aux noms français des comtés, la milice de Terrebonne, par exemple, devenant la milice d'Effingham. De plus, en 1828, Dalhousie ordonne qu'à l'avenir celles des villes soient divisées par quartiers, ce qui signifie, dans beaucoup de cas, que les postes d'officiers iront à des Canadiens anglais, tandis que la plupart des miliciens seront Canadiens-français. Cette décision relance la question délicate de l'usage du français comme langue de commandement. Mais le pire survient lorsque le gouverneur en chef, dans un accès de fureur contre l'Assemblée législative, supprime les brevets d'officiers de milice d'un grand nombre de députés de l'opposition. Peut-être espère-t-il ainsi discréditer les députés auprès des électeurs... Mais, c'est plutôt la milice elle-même qui s'en trouve déconsidérée. Il en résulte un profond mécontentement, qu'une commission d'enquête spéciale confirme dans un rapport daté de 1829.