Les soldats du XVIe siècle

L'or des mers septentrionales

Conflit chez les Basques

Arquebusier, XVIe siècle

Légende: Arquebusier, XVIe siècle

Des conflits éclataient parfois entre les équipages des bateaux de pêche montés par les « Basques du Sud », comme on appelait les gens du pays basque espagnol, et ceux des « Basques du Nord », qui étaient français. En 1554, ceux-ci prennent quatre navires à leurs cousins espagnols, au large de Terre-Neuve. La riposte ne tarde pas à venir. La même année, le Sancti Spiritu se transforme de baleinier en navire-corsaire et se tient à l'affût des bateaux battant pavillon français. Une partie de la flotte de pêche française sera détruite à Terre-Neuve, au cours d'une attaque espagnole. La France et l'Espagne sont alors en guerre et d'autres escarmouches se produisent. Le 21 avril 1557, une ordonnance du roi Philippe II d'Espagne oblige tous les navires allant à Terre-Neuve, morutiers, baleiniers ou autres, à s'armer d'au moins quatre canons et huit pierriers. Plusieurs le sont déjà. Dès 1550, le galion Madalena, jaugeant 130 tonneaux, possède six canons et huit pierriers. La même année, le San Nicolas, 250 tonneaux, est armé de six canons et de 12 pierriers. Le Santa Ana, grand navire de 650 tonneaux, a 10 canons et 20 pierriers, tandis que le San Juan, environ 300 tonneaux, coulé en 1565, était équipé de huit canons et de 10 pierriers.

En général, les galions des Basques espagnols étaient des navires assez grands, jaugeant de 200 à 650 tonneaux, environ, et comportant un équipage de 50 à 120 hommes. Les documents de l'époque ne signalent aucunement la présence de soldats, ni à bord des navires ni à terre. Cependant, officiers et marins pouvaient prendre les armes, au besoin, et se transformer en un genre d'infanterie de la marine. Chaque galion était muni de pièces d'artillerie en fer, ce qui laisse supposer la présence de marins-canonniers. Pour voir à l'entraînement de ces hommes et au bon entretien des canons, l'état-major de chaque navire comprenait un officier-canonnier.

Néanmoins, un document relatif à une entente de prêt, datant de 1571, pour la construction du San Cristobal, galion de 500 tonneaux, mentionne que les armateurs devaient mettre à bord 24 arquebuses, autant d'arbalètes et de boucliers, 26 casques, 20 cuirasses avec leur dos, et 144 petites et grandes piques 24, le tout destiné à armer la centaine d'hommes qui y monteront. En cas de bataille, l'équipage de ce navire se répartissait donc comme suit : près de la moitié utilisait les arquebuses et les arbalètes, un quart ou un cinquième portait armure et pique, tandis que le reste servait dans l'artillerie ou exécutait les manœuvres . À cet armement s'ajoutaient les armes personnelles des membres de l'équipage et des officiers, épées, dagues, haches. Un tel arsenal ne représentait pas une précaution inutile. Ce navire courait, comme tous ceux de l'époque, de grands risques d'être attaqué en mer. Et quand les hommes descendaient à terre, ils se heurtaient à l'hostilité des Inuit provoquée vers 1550 par l'enlèvement de la femme d'un chef. Geste irréfléchi qui rendit la côte du Labrador, déjà peu accueillante, avec ses rochers dénudés et ses conifères rabougris, encore plus inhospitalière pour des générations de marins basques.

Images additionnelles

Casque et plastron espagnols en acier, XVIe siècle
Galions espagnols affrontant une tempête dans l'Atlantique Nord, vers 1560-1580