L'Empire militaire

La Nouvelle-Angleterre

Une réplique déplorable

Un soldat des Compagnies franches de la Marine habillé pour aller en expédition, milieu du XVIIIe siècle

Légende: Un soldat des Compagnies franches de la Marine habillé pour aller en expédition, milieu du XVIIIe siècle

Le gouverneur du Massachusetts renforcera la défense de ses frontières en y établissant des forts. Aux 445 hommes qu'il mobilise pour servir de garnisons, s'ajoute en 1746 un renfort de 200 autres. Pour exacerber quelque peu la haine des Amérindiens, il instaure un système de récompenses basé sur l'obtention de scalps de Français ou de leurs alliés, dont ceux de « femelles ou mâles ayant moins de douze ans » 138. Cette piètre politique ne donnera pas les résultats escomptés. En août, une importante expédition, sous le commandement de Rigaud de Vaudreuil, rase le fort Massachusetts (aujourd'hui Adams, Massachusetts).

Entre temps, le gouverneur de New York ne reste pas inactif. Il invite les miliciens du New Jersey, du Connecticut et du Maryland à joindre les siens pour prendre le fort Saint-Frédéric. Les troupes sont finalement rassemblées à la fin de 1746 à quelques kilomètres au nord d'Albany, mais de multiples malentendus, qui ont leurs échos dans le New York Gazette, au sujet du paiement des frais de l'expédition et d'une certaine « peculation » qui entoure l'achat des habits bleus et des culottes rouges des 500 volontaires du New Jersey, provoquent l'effondrement du projet.

Pendant que les miliciens des colonies britanniques font marche arrière, les raids des Canadiens et de leurs alliés continuent de plus belle. Le fort No 4 (aujourd'hui Charlestown, New Hampshire) et le nouveau fort Massachusetts, reconstruit en mai, résistent tant bien que mal, mais la garnison du fort Clinton (près d'Easton, New York) est quasiment décimée par Luc de La Corne de Saint-Luc à la tête d'une vingtaine de militaires et de miliciens et de quelque 200 Amérindiens. Plusieurs villages entre Deerfield, Massachusetts, et White River (dans la région de Hartfort, Vermont) doivent être abandonnés. Ce sera en définitive la paix, signée en Europe le 7 octobre 1748, qui ramènera un peu de calme dans les colonies. Lorsque la nouvelle en parviendra à Boston, le 10 mai 1749, elle apportera un certain soulagement aux Américains dont le problème demeure cependant entier, puisqu'ils ne peuvent défendre leurs frontières contre les raids provenant du Canada.