L'Empire militaire

La tactique canadienne en Louisiane

Succès avec la façon canadienne de faire la guerre

Charles Le Moyne de Longueuil, second baron de Longueuil, vers 1750

Légende: Charles Le Moyne de Longueuil, second baron de Longueuil, vers 1750

En 1739 et 1740, la supériorité des tactiques utilisées par les troupes de la Marine issues du Canada sur celles pratiquées en Europe fut démontrée avec un certain éclat en Louisiane. Sous l'influence des Anglais, la nation des Chicachas (ou Chickasaws) était alors en guerre avec les Français. On décida donc d'envoyer de la métropole un corps expéditionnaire de 600 hommes. Malheureusement, ces troupes furent menées comme si elles faisaient une campagne européenne. Elles se déplaçaient avec lenteur alors que les Chicachas étaient insaisissables ou attendaient, bien embusqués dans leurs lointains villages fortifiés. Au début de 1740, de nombreux soldats furent en outre emportés par la maladie et le sieur de Noailles, qui commandait l'expédition, dut finalement rebrousser chemin.

Fort heureusement pour l'honneur de la France, le ministre de la Marine avait demandé au gouverneur général de la Nouvelle-France de veiller à ce qu'un corps militaire provenant du Canada fasse la jonction avec l'expédition du sieur de Noailles. Une force de 442 hommes, dont 319 Amérindiens alliés, sous les ordres du baron de Longueuil, quitte Montréal, en juillet 1739, en direction de la Louisiane 137. Une autre troupe, partie de Michillimakinac et ayant à sa tête le capitaine Pierre Joseph Céloron de Blainville, la rejoint et le contingent descend ensemble le Mississippi. La jonction avec les troupes françaises se fait au début de janvier 1740, au nord de la ville actuelle de Memphis, dans le Tennessee. Les troupes expéditionnaires françaises parlent de se retirer, mais le capitaine Blainville, avec une centaine de militaires et de miliciens canadiens, 200 Iroquois et Chactas alliés, marche résolument vers les villages ennemis, y mène une vigoureuse attaque, et les Chicachas n'ont d'autre choix que de demander la paix. Que Céloron leur accorde. L'honneur militaire français est sauf. Les corps expéditionnaires retournent à leurs bases respectives, qui en France et qui au Canada.